Une voie, deux pays

 

 

(Le photoreportage sur la soirée)

 

 

 

 

 

Le 14 avril 2005 à l'Ambassade de la Russie en France a eu lieu l'exposition "Les peintres russes de Paris", organisée par l’Association "Gaelia" (président Elena Iakounina) à l'initiative de l’hebdomadaire "La Pensée Russe" et avec le soutien de l'Association "Dialogue franco-russe ". Cet événement attendait patiemment son heure et elle est venue. Dans les salons de gala de l'Ambassade de la Russie en France s’est déroulée la soirée consacrée aux artistes russes de Paris, qui ont passé une grande partie de leur vie créatrice à la capitale française.

L’Association "Gaelia" qui, selon les mots de Serge Diaguilev, assure la mission de "magnifier les peintres russes à l'Ouest", a recueilli et a montré des œuvres de coryphées parisiens, dont les noms sont déjà inscrits dans l'histoire de l'art moderne. Leurs toiles se trouvent dans des collections prestigieuses et dans les musées de l'Europe et des USA, au Musée russe de St-Pétersbourg et à la Galerie Tretiakov de Moscou. On écrit les livres et on tourne les films dont ils sont les héros principaux. Parfois on les appelle la deuxième avant-garde russe qui développe les traditions de nos célèbres compatriotes du début du 20ème siècle. L’exception de ces auteurs consiste dans leur appartenance simultanée à deux cultures; leur talent est né en Russie, et les valeurs séculaires étudiées à alma mater en symbiose avec les tendances occidentales dans les arts plastiques ont engendré la spécificité de l’œuvre de ces russes parisiens.

Le heureux hasard a voulu que les artistes ne soient pas partis  inaugurer d’autres expositions, qu’ils ont régulièrement à travers le monde. C'est pourquoi jeudi, le jour traditionnel des vernissages dans l'enfilade de l’Ambassade se sont réunis les classiques de nos jours : Oscar Rabine, Valentina Kropivnitskaia, Oleg Tselkov, Eric Boulatov, Boris Zaborov, Edouard Steinberg, Anatoly Poutiline, Alexandre Leonov, Oleg Liagatchev, Serugei Moskvine, Victor Mikhailov. Seul Vladimir Titov manquait: l'ouverture de l'exposition personnelle dans la galerie moscovite "Cinéma" obligeait.

Ce soir il y avait le vice-président de l'Académie des Beaux-Arts de la Russie et membre de l'Académie des Beaux-Arts de la France depuis plusieurs années Taïr Salakchov. En se rappelant les difficultés endurées par les artistes aux temps soviétiques, le maître de la peinture russe a déclaré : "Nous vivons un moment unique - dans les murs de l'ancienne Ambassade soviétique, où aux temps pas si lointains l’entrée pour ces personnalités était interdite, nous voyons aujourd’hui non seulement eux-mêmes, mais aussi leurs tableaux." "Gaelia" a fait une grande affaire, elle a ouvert une large voie, qui en aucun cas ne doit rester déserte ".

Le marbre blanc des murs et le flux de mille bougies des lustres de cristal ont joué le rôle du précieux écrin, ayant présenté avec beaucoup de relief les oeuvres de nos compatriotes. En tenant compte de la dispersion inévitable des styles les organisateurs ont construit l’exposition comme un tour des ateliers des auteurs russo-parisiens.

Ainsi pour une soirée les écoles de Moscou et de St- Pétersbourg ont partagé le même espace. De même pour les deux vagues de ressortissants russes : les dissidents, qui ont quitté l’URSS à la fin des années 70 (Rabine, Tselkov, Poutiline, Leonov), et leurs collègues venus à Paris pendant la perestroïka (Steinberg, Boulatov).

Dans un de ces salons on pouvait admirer les tableaux qu’on voit rarement aujourd’hui, puisque pour des raisons évidentes ils ne quittent pas la demeure familiale. Ce sont des tableaux d’Alexandre Rabine, mort très jeune, le peintre talentueux et le fils des fondateurs du groupe « Lianozovo » d’O.Rabine et V.Kropivnitskaia.

Les connaisseurs et les amateurs d’art moderne était nombreux lors de la soirée . Il y avait aussi des collectionneurs de la Russie - Igor Markine et Vladimir Tsarenkov; de la France - Adolf Shapiro, Claude Bernes, Cyrill Makhrov; des USA - Diane Beal; le plus connu des collectionneurs français de l'art russe en exil René Guerra, le spécialiste de l'avant-garde russe Jean-Claude Marcadé, la plus grande des galeristes parisiennes Denise René, des membres de la SNBA (Société Nationale des Beaux-Arts de France), des journalistes français ("Monde", "Figaro", Agence "France Press", la chaîne FR3), des correspondants de la presse américaine et japonaise. On a noté la présence du célèbre chanteur Charles Aznavour et du héros de l'Union Soviétique Roland de la Pouape (l'escadrille la "Normandie-Niémen"), des princes Konstantin Mourouzi et Alexandre Troubetskoi avec leurs épouses, et du comte Pierre Cheremetev. Les représentants de "Gaz de France", de "Citroën" et du MEDEF étaient présents à la fête ainsi que les sponsors et parmi eux l'Association "Dialogue franco-russe ».

La première étape du vaste projet de l'Association "Gaelia" était un succès. Dans un proche avenir nous attendent des rencontres avec d'autres artistes dans les espaces d'exposition les plus prestigieux des pays européens.