ACADEMICIEN DE MONTPARNASSE

 

 

E. Iakounina, S. Moskvine, L. Konstantinova et le conservateur Sylvie Buisson pendant la cérémonie de remise des oeuvres et des archives de F.Konstantinov au Musée de Montparnasse.

 

 

 

Une des orientations de l’activité de « Gaelia » consiste à ressusciter les noms qui appartenant au monde d’art russe en exil sont tombés dans l’oubli non mérité.

Au cours de plusieurs mois l’association menait des recherches actives pour retrouver des archives pouvant jeter la lumière sur l’histoire de la vie et de l’œuvre d’un des « artistes russes de Montparnasse » - Fedor (Theodor) Konstantinoff.

Nos efforts ont porté leurs fruits, et le 19 janvier 2005 l’archive du peintre, composée de photos rares prises à Paris au début du siècle écoulé, de documents officiels, d’articles, d’extraits de catalogues des salons parisiens, ainsi que quatre peintures du maître réalisées à l’atelier « La Ruche », ont été officiellement remises au Musée du Montparnasse. Lidia Konstantinova, la petite-fille du peintre, assistait à cet acte solennel.

Le choix du musée n’est pas aléatoire. Il se situe dans un endroit symbolique pour chaque russe : une petite impasse qui semble déplacée par la mémoire du passé vers la ville des grattes-ciels.

Il s’agit du « Passage de Maria Vassilieva » déclaré monument historique et protégé par l’Etat français. Les salles d’exposition sont actuellement aménagées dans la maison où jadis Vassilieva possédait un atelier et où elle a fondé son Académie des artistes russes.

Au début des années 10 du siècle dernier, un jeune peintre Fedor (Theodor) Konstantinoff ayant pour bagages le diplôme de l’Impériale Ecole Supérieure de Stroganoff est arrivé à Paris pour perfectionner sa maîtrise et avoir sa part de liberté et d’inspiration exceptionnelle dont tout talent débutant se gave une fois dans la capitale française. Il s’est installé à la fameuse « Ruche », l’épicentre des arts conservée par miracle jusqu’à nos jours. Cet amas architectural d’ateliers se distinguait de son environnement par le fait qu’ici tout le monde n’avait qu’un seul chemin, celui qui menait au Montparnasse artistique et, une fois engagés sur ce chemin, ses habitants sacrifiaient, sans regret, le confort, la stabilité, l’aisance.

Il travaillait à « La Ruche », fréquentait de différents ateliers de peinture, ne manquait pas les cours du soir à l’Académie Russe où il avait fait connaissance d’Ossip Zadkine. Le portrait de Zadkine fait par Fedor (Theodor) Konstantinoff est souvent exposé. Le bel homme aux cheveux d’or participait également à la vie impétueuse de la communauté russe, qui donnait lieu à beaucoup de légendes et de témoignages gardés jusqu’à nos jours. Par exemple, voilà ce qu’écrivait le journal « Parijskiy Vestnik » (« Messager de Paris ») au début de 1913 au sujet du bal masqué qui se préparait alors : « On prévoit la mise en scène de « Comédie sur Petrouchka », de « L’Ours et la Chèvre » et des danses russes. La salle de la Loge du « Grand Orient » de France, située rue Cadet, sera transformée en une grande cour de « boyard » dans laquelle toutes les réjouissances mentionnées auront lieu… ».

La mise en scène de la « Comédie sur Petrouchka » a été réalisée non sans la participation de notre peintre, ce que confirme les maquettes des décors qui ont été conservées.

Aujourd’hui nous savons beaucoup plus sur Fedor (Theodor) Konstantinoff, mais laissons volontiers la parole au musée pour en dire d’avantage. Dans le proche avenir aura lieu une exposition qui présentera les noms historiques de Montparnasse découverts au cours des dernières années, et nous sommes contents de voir les œuvres du peintre russe y trouver leur juste place.